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La spondylarthrite ankylosante concerne surtout les hommes de 15 à 30 ans.

La spondylarthrite ankylosante fait partie des spondylarthropathies, ce qui la distingue de la polyarthrite rhumatoïde, du rhumatisme articulaire aigu ou encore de l'arthrite réactionnelle.

Spondylarthrite ankylosante : 0,15 % des Français

On estime qu'en France, 0,15 % de la population souffre de spondylarthrite ankylosante (SPA).

La spondylarthrite ankylosante (SPA) n'a pas véritablement de cause connue. Elle est généralement considérée comme une maladie héréditaire, familiale.

Elle concerne essentiellement les hommes âgés de 15 à 30 ans et est tout à fait exceptionnelle au-delà de 50 ans. Toutefois les femmes sont elles aussi touchées par la maladie, contrairement à l'idée fréquemment répandue.

Symptômes de la SPA : colonne, bassin et thorax

Les symptômes de la SPA sont essentiellement axiaux, c'est-à-dire qu'ils concernent la colonne vertébrale, le bassin et le thorax.

Statistiquement, on constate que les sujets du nord de l’Europe affichent une moindre prévalence de SPA axiale que ceux qui vivent dans la zone méditerranéenne.

Symptômes les plus fréquents dès le début de la maladie

On retrouve :

  • des douleurs fessières, lombaires ou lombo-sacrées : dans 80 % des cas,
  • des douleurs qui prédominent la nuit,
  • une raideur matinale de la colonne vertébrale,
  • des oligo-arthrites au niveau des membres : dans 20 % des cas seulement.

Des symptômes qui évoluent avec la maladie

Avec l'avancée de la maladie, les douleurs inflammatoires typiques de l'arthrite vont progressivement remonter depuis le bassin vers les vertèbres cervicales. Ces douleurs vont toucher successivement :

  • les articulations sacro-iliaques,
  • les vertèbres lombaires,
  • les vertèbres dorsales,
  • les vertèbres cervicales.

Au fur et à mesure de la progression, le rachis s'enraidit :

  • des arthrites des membres semblables à celles rencontrées dans la polyarthrite rhumatoïde peuvent apparaître,
  • on retrouve alors une atteinte des grosses articulations comme : le genou, la hanche.

Il arrive parfois que les articulations des doigts et des orteils soient touchées, avec une inflammation non seulement de la synoviale, mais également des enthèses (enthésites), au niveau du talon essentiellement.

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Diagnostiquer la spondylarthrite ankylosante : examens

En plus des signes cliniques et des symptômes, plusieurs indices permettent de diagnostiquer une SPA.

Des signes radiologiques importants de la spondylarthrite ankylosante

Les signes radiologiques sont très importants pour poser le diagnostic.

DIAGNOSTIC DE LA SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE

TYPES D'EXAMENS INTERPRÉTATION
RADIOS
  • Portent d'abord sur :
    • les articulations sacro-iliaques,
    • l'articulation L5-S1 (articulation entre la 5e vertèbre lombaire et le sacrum),
    • la charnière dorso-lombaire (D12-L1 entre la 12e vertèbre dorsale et la 1re vertèbre lombaire).
  • Ces premiers clichés, même réalisés précocement, vont révéler :
    • un interligne sacro-iliaque élargie, aux contours flous, aux contours irréguliers,
    • une condensation osseuse péri-articulaire (avec des déminéralisations osseuses internes),
    • des ponts osseux sacro-lombaires et sacro-iliaques incomplets (syndesmophytes) ou complets,
    • une mise au carré des vertèbres lombaires à leur bord antérieur (signe de Romanus).
  • Plus haut, au niveau de la charnière dorso-lombaire, les radiographies vont montrer :
    • des signes d'ossification ligamentaire : là encore des ponts osseux (syndesmophytes) vont être constitués par ossification des ligaments intervertébraux,
    • à ce niveau aussi on retrouve une mise au carré des vertèbres qui perdent leur concavité antérieure.
IRM
  • Elle peut également se révéler intéressante pour établir le diagnostic de façon précoce.
  • Les signes radiologiques peuvent mettre un certain temps à se manifester : ils sont plus faciles à déceler grâce à cette méthode d'exploration.
ÉCHOGRAPHIE L'échographie est utile pour déterminer l'origine des douleurs qui peut être :
  • intra-articulaire (synovite),
  • tendineuse (enthésite),
  • péri-articulaires (bursites).

Examens biologiques : sérologie

En cas de suspicion de SPA on procède souvent à une sérologie (analyse de sang).

Celle-ci révélera alors :

  • le marqueur spécifique HLA B27 (dans 80 % des cas et notamment chez les personnes du nord de l'Europe) ;
  • une accélération de la vitesse de sédimentation qui progresse parallèlement et proportionnellement à l'évolution des symptômes.

Évolution des signes en 10 à 20 ans : ankylose complète

L'évolution de la maladie se traduit par l'ankylose progressivement ascendante de la colonne vertébrale.

Les poussées inflammatoires aboutissent à une ankylose complète du rachis en 10 à 20 ans.

D'un point de vue radiologique on retrouvera alors :

  • une disparition complète de l'interligne articulaire de la sacro-iliaque, traduisant l'état avancé de l'ankylose de la hanche ;
  • au niveau rachidien : des ossifications ligamentaires telles qu'elles bordent les disques intervertébraux, donnant un aspect dit « de colonne bambou » ;
  • des ossifications des ligaments postérieurs reliant les articulations vertébrales, donnant un aspect dit « en rail » ;
  • les ligaments interépineux peuvent eux aussi s'ossifier ;
  • une érosion du calcanéum (talon) qui explique les douleurs ressenties au pied.
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Spondylarthrite ankylosante : complications possibles

Les complications qui peuvent affecter les personnes atteintes de SPA sont aussi bien d'ordre rhumatismal qu'extra-rhumatismal.

Les complications articulaires : raideur de la colonne vertébrale

Les complications restent cependant exceptionnelles dans la mesure où les patients sont rapidement pris en charge.

C'est essentiellement l'ankylose, c'est-à-dire la raideur de la colonne vertébrale, qui guette les personnes atteintes de SPA.

On observera alors :

  • la mise en place d'une attitude vicieuse,
  • la disparition progressive de la lordose lombaire (courbure normale de la colonne vertébrale au dessus du bassin),
  • l'augmentation de la cyphose dorsale (position penchée en avant),
  • des fractures vertébrales.

Des complications périphériques : enthésites et autres lésions

Les principales complications périphériques à redouter sont :

  • les lésions cartilagineuses (dues à l'inflammation et aux attitudes vicieuses) ;
  • les enthésites au niveau :
    • des orteils,
    • des doigts.

La douleur des tendons peut, elle, rester présente des mois durant.

Les complications extra-rhumatismales : psoriasis, uvéites, transit, etc.

Les complications autres qu'articulaires sont très diversifiées.

On retient surtout :

  • le psoriasis (15 % des personnes atteintes de SPA) : il peut toucher les membres supérieurs et inférieurs ainsi que le cuir chevelu, parfois plus de 10 ans après le début de la maladie ;
  • les uvéites (inflammation oculaire) ;
  • des problèmes intestinaux (douleurs et troubles du transit), la maladie de Crohn étant également régulièrement responsable de spondylarthrite ankylosante et de sacro-ilite (inflammation de l'articulation de la hanche).

Plus rarement :

  • des atteintes pulmonaires ;
  • des atteintes cardiaques :
    • troubles du rythme cardiaque,
    • troubles de fonctionnement des valves cardiaques (valve aortique en particulier),
    • divers troubles cardiovasculaires.

La prévalence des maladies cardiovasculaires et des facteurs de risque cardiaques seraient moindres chez les sujets porteurs d’une SPA axiale ainsi que chez les personnes qui vivent dans la zone méditerranéenne (comparativement aux personnes qui vivent dans le nord de l'Europe).

Mais les risques cardiovasculaires sont également un âge plus avancé, une durée de la maladie allongée, la présence de l’antigène HLA-B27 et une forte prévalence des formes périphériques.

Les traitements contre la spondylarthrite ankylosante

Il existe toutes sortes de traitements permettant de prendre en charge une SPA.

Dans tous les cas, ils auront pour buts premiers :

  • de lutter contre la douleur et l'inflammation,
  • d'éviter l'apparition de complications.

Ainsi, il existe :

  • des traitements symptomatiques visant à agir sur les symptômes de la maladie :
    • antalgiques,
    • anti-inflammatoires (fortement recommandés pour les patients atteints d’une SpA axiale active en tant que traitement de première intention pour le contrôle des symptômes),
    • corticoïdes (en infiltration notamment) mais uniquement sur une courte période ;
  • un traitement de fond (qui agit au bout de plusieurs semaines) pour lutter contre la maladie elle-même et les problèmes qu'elle entraîne :
    • des antirhumatismaux modificateurs de la maladie synthétiques conventionnels mais seulement chez les patients présentant des manifestations périphériques ou extra-articulaires ou dans les structures à faibles ressources,
    • des antirhumatismaux modificateurs de la maladie biologiques (biothérapie) chez les patients atteints d’une maladie active dont le traitement par deux AINS différents a échoué,
    • des anti-TNF alpha, notamment chez les patients présentant des troubles allant au-delà de l’arthrite et de l’enthésite, comme une maladie intestinale inflammatoire concomitante, une uvéite antérieure récidivante et un psoriasis (dans cette optique, le Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments a recommandé d’accorder une autorisation de mise sur le marché à l'Amsparity®) ;
  • un traitement par sécukinumab (anticorps monoclonal) chez les adultes atteints d’une SPA axiale active persistante malgré un traitement par anti-TNF bien mené pendant au moins trois mois ;
  • la mise en place :
    • d'une rééducation pour combattre la raideur,
    • d'appareillages tels que les corsets ou les orthèses ;
  • la chirurgie en dernier recours.
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