Diagnostic de l'arthrite

Écrit par les experts Ooreka

 

Le diagnostic de l'arthrite.

Le diagnostic de l'arthrite se base sur :

  • une anamnèse (interrogatoire),
  • et sur un examen physique éventuellement complété par des examens.

Au cours de l'exploration physique, le médecin déterminera le nombre d'articulations touchées et recherchera les éventuels signes cliniques associés.

Diagnostic d'arthrite : l'anamnèse ou interrogatoire

L'anamnèse personnelle et familiale est un élément important au cours d'une consultation.

Le médecin cherchera par exemple à connaître :

  • la fréquence des douleurs (continue ou intermittente),
  • la période à laquelle elles se manifestent (davantage le soir ou le matin),
  • la durée de la période d'échauffement le matin,
  • les circonstances d'apparition de la douleur, c'est-à-dire suite à :
    • un traumatisme,
    • une infection (bactérienne ou virale),
    • une vaccination (BCG qui peut intervenir avant un voyage à l'étranger notamment),
    • un traitement médicamenteux (injection locale de corticoïdes par exemple).

De même, les automédications ayant entraîné une amélioration peuvent être source d'informations.

Par exemple : si un médecin apprend que des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont été très efficaces, il pourra penser à une spondylarthrite ankylosante qui est habituellement très sensible à ce type de médicaments.

Un diagnostic variable selon le type d'arthrite

L'interrogatoire du patient permet de poser le diagnostic des différents types d'arthrite.

Le diagnostic des arthrites aseptiques : antécédents, âge du patient...

Les antécédents sont également un élément clé pour le médecin.

Par exemple, des antécédents personnels et/ou familiaux :

  • d'arthropathies : les patients ayant déjà présenté des maladies rhumatismales et notamment des spondylarthropathies vont souvent être sujets aux arthrites aseptiques par la suite.
  • d'autres maladies :
    • le psoriasis fera penser à un rhumatisme psoriasique (le problème cutané survenant avant l'arthrite dans 80 % des cas),
    • les uvéites (inflammation oculaire) à répétition feront penser à :

Une maladie comme la pseudo-polyarthrite rhizomélique ne touche pas les personnes de moins de 50 ans, ce qui permet d'écarter d'emblée ce diagnostic si le malade est plus âgé.

À noter : le surmenage et le stress entrainent souvent une polyarthrite rhumatoïde.

Le diagnostic des arthrites septiques : antécédents typiques

Dans un premier temps, on peut s'orienter vers le diagnostic d'arthrite septique lorsque le patient a les antécédents suivants :

  • arthropathies préexistantes,
  • déficiences immunitaires dues à des maladies telles que :
    • le diabète,
    • les cancers,
    • le sida,
    • les insuffisances rénales,
  • déficiences immunitaires dues à des traitements tels que :
    • la chimiothérapie,
    • les corticoïdes,
  • déficiences immunitaires dues à une mauvaise hygiène de vie telle que :
    • l'alcoolisme,
    • la toxicomanie.

Le diagnostic des arthrites microcristallines : alimentation, antécédents...

Le médecin a tendance à s'orienter vers le diagnostic d'arthrite microcristalline lorsque le patient présente :

  • un antécédent de monoarthrite,
  • une arthrite récidivante ou régressive,
  • une alimentation déséquilibrée (essentiellement carnée ou suivi d'un traitement diurétique).

Ou lorsque le patient a des antécédents familiaux de :

  • goutte :
    • extrêmement rare chez les femmes non ménopausées,
    • touche essentiellement les hommes d'âge moyen,
    • cette monoarthrite (concerne le gros orteil, la cheville ou le genou) évolue dans de rares cas en polyarthrite, parfois fébrile,
  • chondrocalcinose :
    • très rare chez les personnes de moins de 50 ans,
    • se présente sous la forme d'une mono ou d'une oligoarthrite et plus rarement d'une polyarthrite, essentiellement localisée aux genoux et aux poignets.

L'examen physique du patient pour poser un diagnostic

L'examen physique est également une étape fondamentale du diagnostic.

Il vise à déterminer s'il s'agit :

  • d'une simple arthralgie : une douleur articulaire isolée sans signe objectif,
  • d'une arthropathie : un problème plus grave avec un signe objectif.

Éliminer les cas de douleurs musculaires, osseuses et vasculaires

Le médecin doit éliminer les douleurs locales, proches des articulations, mais qui ne sont pas de véritables douleurs articulaires.

Il peut s'agir de douleurs musculaires, osseuses, vasculaires, voire des douleurs projetées d'origine viscérale.

L'arthrite est plus difficile à diagnostiquer lorsqu'elle concerne les articulations profondes comme la hanche ou l'épaule par exemple.

Diagnostic de l'arthrite : palpation et inspection

L'examen physique consiste essentiellement en une inspection et en une palpation.

Le médecin recherche les signes cliniques de l'arthrite :

  • les douleurs : en particulier au cours de mouvements amples,
  • les signes de rougeur, chaleur (forme « chaude ») ou des signes plus discrets (forme « froide »),
  • les raideurs articulaires avec limitation d'amplitude,
  • le nombre d'articulations touchées (une ou plusieurs),
  • l'enflure des articulations,
  • la déformation des articulations (doigts en griffe, par exemple),
  • des nodules inflammatoires (en cas de polyarthrite rhumatoïde, par exemple).

À noter : la limitation de la mobilité active est logique en cas de douleur, mais la limitation de la mobilité passive (quand le médecin mobilise lui-même l'articulation) est plus inquiétante puisqu'elle est le signe d'un phénomène de destruction ostéo-articulaire ou d'une capsulite.

Diagnostic rapide dans le cas de localisations spécifiques

Certaines localisations ou caractéristiques spécifiques permettent d'établir un diagnostic rapide.

Le rhumatisme psoriasique par exemple est le seul à toucher toutes les articulations d'un seul et même doigt.

De même, le pannus (épaississement de la membrane synoviale) est caractéristique de la polyarthrite rhumatoïde.

Recherche des symptômes associés pour poser le diagnostic

Le médecin va également chercher les signes cliniques associés :

  • un psoriasis, souvent présent en cas d'arthrite psoriasique,
  • une infection, blessure ouverte plaidant en faveur d'une arthrite septique,
  • un état fébrile fait également évoquer une arthrite septique,
  • des enthésites associées font évoquer une spondylarthropathie,
  • une uvéite également (voire une conjonctivite plutôt dans le syndrome de Fiessinger Leroy Reiter),
  • une sclérite (autre inflammation oculaire) dans la polyarthrite rhumatoïde,
  • une adénopathie (gonflement des ganglions), qui indique une polyarthrite chronique juvénile,
  • une diarrhée infectieuse en cas d'arthrite réactionnelle.

Diagnostic de l'arthrite chronique : après 3 mois

L'arthrite chronique est difficile à diagnostiquer, car elle n'est évoquée qu'après six semaines d'évolution.

Cela permet d'écarter les origines infectieuses.

Le diagnostic en tant que tel ne peut être posé qu'après plus de 3 mois d'arthrite.

Ce diagnostic est complexe, car :

  • une douleur articulaire n'est pas nécessairement une arthrite : il faut donc procéder à un examen physique minutieux et éventuellement avoir recours aux examens biologiques (examens sanguins et analyse du liquide articulaire),
  • il faut savoir distinguer l'arthrite chronique d'une autre maladie dont l'arthrite n'est qu'un des symptômes.

Examens complémentaires pour le diagnostic

Les examens complémentaires peuvent permettre d'établir le diagnostic d'arthrite avec certitude.

L'imagerie médicale : radio, échographie, scintigraphie, etc.

La médecine a souvent recours à l'imagerie médicale dans les cas d'arthrite :

  • radiographie (pour observer l'état des articulations),
  • échographie (pour observer les épanchements liquidiens).

Les examens suivants sont réservés à des cas particuliers :

  • imagerie à résonnance magnétique (IRM) essentiellement pour les atteintes rachidiennes locales (pratiquée sous anesthésie générale, son utilisation reste limitée),
  • scintigraphie osseuse (pour observer les articulations sacro-iliaques),
  • scanner (pour le diagnostic et la surveillance des articulations sacro-iliaques ou pour des enthésites localisées).

Les échodopplers et l'IRM articulaire, eux, ne sont que très peu employés.

L'examen sera centré sur les zones concernées et dépendra de l'articulation :

DIAGNOSTIC DE L'ARTHRITE : CE QUE L'EXAMEN PERMET D'OBSERVER
Les érosions articulaires.
Les pincements ou les élargissements des interlignes articulaires.
Des liserés de calcification (au niveau des ménisques, du bassin, du poignet en cas de chondrocalcinose).
L'inflammation de parties molles au voisinage de l'articulation.
De façon générale, toutes les articulations présentant des symptômes inflammatoires :
  • doigts : quand toutes les articulations d'un doigt sont touchées on pense à un rhumatisme psoriasique,
  • mains,
  • poignets,
  • genoux,
  • pieds (talons),
  • bassin (une atteinte lombaire ou sacro-iliaque révèle l'existence d'une spondylarthrite ankylosante, une atteinte de la symphyse pubienne évoque davantage une chondrocalcinose),
  • vertèbres (une atteinte cervicale isolée [plus de 30 % des cas] révèle une polyarthrite rhumatoïde).

À noter : en début de polyarthrite rhumatoïde, aucune anomalie n'est visible sur une radio. On peut toutefois commencer à observer des destructions articulaires.

Le bilan sanguin : à la recherche d'autres marqueurs

Avec le bilan sanguin, on recherche plusieurs arguments allant dans le sens de l'arthrite :

DIAGNOSTIC DE L'ARTRHITE : LES EXAMENS SANGUINS
Recherche de marqueurs
  • Facteurs rhumatoïdes, qui signent la polyarthrite rhumatoïde (retrouvée dans 50 % des cas), mais qui sont également présents dans de nombreuses infections.
  • Augmentation de la protéine C réactive (PCR) ou de fibrinogènes.
  • Anticorps anti-CCP (peptides cycliques citrullinés) : caractéristiques de la polyarthrite rhumatoïde (PR).
  • Anticorps antikératine et antipérinucléaires : présents dans 50 % des cas de PR récente.
  • Antigène HLA B27 : présent en cas d'arthrite réactionnelle (90 % des cas), de spondylarthrite ankylosante (85 %) ou de rhumatisme psoriasique (55 %).
Étude de la vitesse de sédimentation (VS)
  • Analysée pour voir si elle est augmentée, ce qui signe une inflammation, mais elle est augmentée quelle que soit la cause de l'arthrite et ne permet donc pas d'établir un diagnostic très précis.
  • Toutefois, les signes inflammatoires seront plus marqués encore en cas d'arthrite septique, de rhumatisme articulaire aigu ou d' arthrite réactionnelle.
Globules blancs Une augmentation importante du nombre de globules blancs (hyperleucocytose) polynucléaires oriente vers des arthrites septiques ou une maladie de Still (arthrite chronique juvénile).

Les prélèvements bactériologiques

Il peut être nécessaire dans certains cas de procéder à des prélèvements.

En fonction des cas on aura :

  • une hémoculture (mise en culture de sang) en cas de suspicion d'arthrites septiques,
  • un prélèvement de gorge en cas de suspicion de rhumatisme articulaire aigu (RAA), bien que l'arthrite ne se manifeste que deux à trois semaines après un épisode angineux,
  • une sérologie infectieuse à la recherche :
    • d'anticorps anti-streptococciques en cas de suspicion de RAA,
    • de la borréliose de Lyme en cas de suspicion de maladie de Lyme,
    • de salmonellose ou de yersiniose en cas de suspicion d'arthrite réactionnelle.

L'uricémie (présence d'acide urique dans le sang) permet quant à elle d'orienter vers un diagnostic de goutte, au-delà d'un certain seuil.

Les cholestases légères (diminution de la sécrétion de bile par le foie) évoquent une pseudo-polyarthrite rhizomélique.

Dernier examen : l'examen du liquide articulaire

Spécifique en cas de suspicion d'arthrite, la biopsie synoviale (ou ponction articulaire) consiste à prélever directement à l'intérieur de l'articulation du liquide synovial.

Cet examen est indispensable pour diagnostiquer les arthrites septiques et microcristallines.

Il est à réaliser de façon systématique en cas d'épanchement (gonflement liquidien) inexpliqué (l'épanchement peut être observé à l'échographie).

On peut y retrouver :

  • des cristaux d'urate de sodium qui évoquent la goutte,
  • des cristaux de pyrophoshates de calcium qui vont signer une chondrocalcinose articulaire,
  • des polynucléaires neutrophiles (certains globules blancs) qui signent une inflammation et font évoquer une arthrite septique bactérienne qui est une urgence,
  • des monocytes et surtout des lymphocytes (d'autres globules blancs) qui signent une inflammation d'origine virale.

Attention ! La biopsie synoviale (prélèvement d'un fragment de la membrane synoviale) n'est utile qu'en cas d'infection bactérienne due à un germe difficile à identifier (généralement à cause d'un traitement antibiotique mal conduit ou en cas de germe particulier).

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