Syndrome de Sharp

Écrit par les experts Ooreka
Syndrome de Sharp

On l'appelle aussi connectivite mixte. Décrit en 1972 pour la première fois, il a donné lieu à différentes polémiques sur la validité de son existence ou la pertinence de poser le diagnostic d'une autre connectivite au lieu de celui de connectivite mixte. Son individualité ne fait donc pas l'unanimité auprès du corps médical.

Le point dans notre article.

Syndrome de Sharp : qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit d'une maladie auto-immune chronique rare.

La connectivite mixte ou syndrome de Sharp est caractérisé par la co-existence de trois états pathologiques :

Bon à savoir : une connectivite est une maladie auto-immune qui se caractérise par l'atteinte des fibres de collagène des différents organes.

Dans la connectivite mixte, on retrouve des symptômes issus d'une de ces pathologies associés dans la très grande majorité des cas à la présence d'anticorps anti-ribonucléoprotéine 1 appelés (U1)-RPN.

Cette maladie auto-immune rare touche essentiellement les femmes, de 80 à 90 % des malades (Orphanet - 2009) entre 20 et 50 ans. Cependant des cas exceptionnels ont été décrits chez les enfants.

Cette connectivite touche toutes les populations. Pour autant, on ne connaît pas son incidence. Elle a été plus largement étudiée au Japon.

Symptômes du syndrome de Sharp

Cette maladie inflammatoire chronique présente une très grande variété de symptômes en fonction de la personne touchée. Ils peuvent être multiples ou isolés.

Bien que le fait de différencier la connectivite mixte ait fait l'objet de polémiques, la définition de celle-ci passe par la présence de signes d'autres connnectivites associés à la présence d'anticorps dirigés contre un constituant du noyau cellulaire : les ribonucléoprotéines (RPN).

Les symptômes du syndrome de Sharp sont souvent limités à la présence de doigts boudinés, d'un durcissement de la peau des doigts (sclérodactyli), un phénomène de Raynaud, une atteinte musculaire, d'arthralgies et de polyarthrites.

Le phénomène de Raynaud est présent chez toutes les personnes atteintes de connectivite mixte et c'est souvent l'un des premiers symptômes de la maladie.

Les autres symptômes qui peuvent s'y associer sont très variés et empruntés aux autres connectivites :

  • un aspect boudiné des doigts et des mains ;
  • la peau des doigts qui s'épaissit, perd son élasticité et durcit ;
  • des douleurs articulaires ;
  • une inflammation articulaire ;
  • des muscles douloureux, faibles.

Mais, dans la connectivite mixte, tous les tissus peuvent être touchés. Aussi, d'autres symptômes, d'intensité variable peuvent apparaître : reflux gastro-oesophagien, manifestations cutanées.

Les atteintes peuvent être cutanées, digestives, pulmonaires, cardiaques, rénales.

La variété des symptômes s'explique par le fait que la connectivite mixte voit le système immunitaire s'attaquer aux tissus.

Syndrome de Sharp : causes, diagnostic et traitements

Causes

On ne connaît pas la cause du dérèglement du système immunitaire qui entraîne l'attaque des tissus. Les hypothèses posées parlent d'infections virales et de facteurs génétiques. Pour autant, cette maladie n'est pas héréditaire.

Bon à savoir : les facteurs génétiques impliqueraient une prédisposition génétique c'est-à-dire que certains gènes font que des personnes ont plus de risques que d'autres de déclencher la maladie.

Diagnostic

Poser le diagnostic d'une connectivite mixte est complexe. Elle peut être confondue dans un premier temps avec les connectivites avec lesquelles elle partage les manifestations.

Il n'existe pas de test spécifique pour la mettre en évidence. Une batterie de tests pourra cependant permettre d'avancer vers le diagnostic en mettant en évidence les manifestations cliniques et biologiques :

  • examens des capillaires sanguins : capillaroscopie ;
  • analyse sanguine pour mettre en évidence la présence d'anticorps U1-anti RPN ;
  • électromyogramme ;
  • biopsie musculaire ;
  • fibroscopie ;
  • manométrie ;
  • électrocardiogramme ;
  • radiographie des poumons...

Les médecins suspecteront un syndrome de Sharp devant la co-existence de symptômes typiques du lupus, de la sclérodermie, de polyarthrite rhumatoïde ou de la polymyosite.

Traitement

Il n'existe pas de traitement spécifique. De plus, à chaque cas spécifique, on doit y adapter un traitement particulier.

Il faut donc mettre en place un suivi régulier et adapté et surveiller l'apparition d'hypertension artérielle pulmonaire, principale complication de la maladie pouvant entraîner la mort.

On luttera contre la douleur et l'inflammation grâce notamment à :

  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
  • des anti-paludéens de synthèse ;
  • corticostéroïdes ;
  • immunosuppresseurs,

Pour le phénomène de Raynaud : des inhibiteurs calciques, des vasodilatateurs.

Pour protéger l'œsophage on utilisera des inhibiteurs de la pompe à protons et pour lutter contre les complications graves telle que l'hypertension artérielle pulmonaire on aura recours aux corticoïdes.

Évolution du syndrome de Sharp

L'évolution et le pronostic d'un connectivite mixte varient autant que ses manifestations. Ils dépendent des organes affectés et de l'efficacité des traitements.

Pour autant, cette maladie évolue par poussées inflammatoires entrecoupées d'épisodes de rémission.

L'hypertension artérielle pulmonaire est la complication la plus dangereuse. Elle survient dans un peu plus de 10 % des cas.

Il arrive que la connectivite mixte évolue vers une connectivite plus sévère : lupus systémique, sclérodermie...

Le taux de survie global est de 80 %.

On évoque la connectivite mixte devant des signes combinés de lupus érythémateux disséminé, de sclérodermie, de polymyosite et/ou de polyarthrite rhumatoïde. S'y associe quasi-systématiquement la présence d'anticorps anti-RNP.

Un suivi régulier et un traitement adapté permettront d'éviter les complications graves telles que l'hypertension artérielle pulmonaire pouvant conduire à la mort.

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