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Vos doigts se rétractent, votre main se ferme… ces symptômes indiquent qu'il peut s’agir de la maladie de Dupuytren, une maladie d’origine inconnue qui touche des tissus dont le rôle est de protéger les muscles, les nerfs et les vaisseaux.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Peut-on traiter cette maladie ? Faisons le point ensemble à ce sujet.

Maladie de Dupuytren : de quoi s’agit-il ?

La maladie de Dupuytren tient son nom du baron de Dupuytren, un chirurgien parisien qui l'a décrite en 1832.

Ses caractéristiques sont les suivantes :

  • Appelée aussi "contracture de Dupuytren", elle affecte la paume de la main et se caractérise par une rétraction des doigts, qui se retrouvent comme figés en position de flexion permanente.
  • Plus précisément, l’aponévrose palmaire (membrane fibreuse située sous la peau et recouvrant les os, les tendons, les ligaments , les muscles et les nerfs de la main) s’épaissit anormalement. On parle de fibrose.
  • Cette fibrose forme des nodules, des plis cutanés et des brides (bandes de tissus) qui se forment dans l’axe des doigts. Les brides se rétractent petit à petit et entraînent la flexion des doigts.
  • La personne atteinte a alors du mal à réaliser certains gestes quotidiens, comme ouvrir une poignée de porte, enfiler un gant, se laver, ou encore taper sur un clavier d’ordinateur. Au pire, si rien n’est fait, les doigts peuvent se rétracter complètement et la main se retrouver totalement fermée.

Cette maladie très handicapante n'entraîne toutefois pas de douleur.

Maladie de Dupuytren : quelle en est la cause ?

La cause de la maladie de Dupuytren reste encore inconnue. Mais les scientifiques ont tout de même identifié une prédisposition héréditaire, si bien que si un membre de votre famille est touché par cette maladie, vous avez plus de chance d’en être atteint.

La maladie est souvent associée à :

  • des micro-traumatismes professionnels, qu’on retrouve chez les menuisiers ou encore les tonneliers ;
  • l’alcoolisme ;
  • le diabète ;
  • certaines pathologies nerveuses comme le zona ou la maladie de Parkinson.

Comment traiter la maladie de Dupuytren ?

Il est possible, en intervenant suffisamment tôt, de lutter efficacement contre la maladie de Dupuytren. À noter qu'il sera indispensable de traiter en parallèle, si nécessaire, une éventuelle hyperuricémie, une hypercholestérolémie, un diabète ou un alcoolisme.

Dès les premiers symptômes

Il existe des moyens pour faire en sorte que les doigts retrouvent leur souplesse si on consulte dès l'apparition des premiers symptômes et que la maladie de Dupuytren est diagnostiquée.

  • Massez-vous la paume de la main 2 ou 3 fois par jour avec une pommade ou une huile à base d'arnica ou de calendula. Faites en sorte d'étirer la paume de la main vers l'arrière et maintenez la tension quelques secondes. Répétez la manœuvre de 20 à 50 fois en fonction de vos capacités.
  • Consultez un kinésithérapeute pour assouplir toute cette région. Des séances de massages bien menées peuvent éviter une intervention chirurgicale.

Compléments alimentaires

Mettez toutes les chances de vos côtés en faisant en sorte de ne pas manquer :

  • de vitamine E (n'hésitez pas à en prendre à forte dose pendant quelque temps en demandant conseil à votre pharmacien, à un naturopathe ou pourquoi pas aux personnes qui s'occupent d'un magasin bio s'ils sont compétents) ;
  • de vitamines B1 et D3 ;
  • d'antioxydants ;
  • d'oméga-3 (associés à des oméga-6) même s'il est préférable de privilégier les aliments riches en oméga-3 que les compléments alimentaires.

Homéopathie

, à raison d'une séance toutes les deux semaines, donne généralement de bons résultats, les aiguilles étant posées au niveau de l’aponévrose qui entoure le tendon.

, plusieurs remèdes sont également indiqués. Tout d'abord Tuberculinum Residuum (TR) en 15 CH à raison d’une dose tous les 8 jours pendant 2 à 3 mois. Ce médicament permet de calmer d'éventuelles douleurs articulaires et de combattre les raideurs matinales souvent responsables d'une ankylose et d'une déformation de l’articulation.

Puis plusieurs autres remèdes, à raison de 5 granules matin et soir pendant plusieurs mois, peuvent venir compléter TR en fonction des cas :

  • Baryta Carbonica en 9 CH en cas d'adénopathie (amygdales, glandes sous-maxillaires, ganglions cervicaux, ovaires), d'artériosclérose ou encore de pieds douloureux avec une transpiration particulièrement nauséabonde (le plus souvent chez des personnes âgées).
  • Calcarea Fluorica en 7 CH en cas d'indurations cutanées au niveau des paumes de mains avec des cals, des gerçures (la peau est abîmée) et une tendance aux suppurations et aux entorses à répétition.
  • Rhus Toxicodendron en 7 CH en cas de raideurs articulaires douloureuses soulagées par le mouvement. Rhus Tox permet d'atténuer les déformations des tissus périarticulaires (tendons et membranes).
  • Ruta Graveolens en 7 CH en cas de courbatures généralisées. C'est le remède des tendons et du périoste suite à des traumatismes.
  • Thuya Occidentalis en 7 CH en cas de fibrose des tissus, le plus souvent chez des personnes ayant des maladies à répétition et suivant souvent de lourds traitements (anti-inflammatoires, antibiotiques, cortisone, chimiothérapie, etc).

Huiles essentielles

Certaines huiles essentielles (HE) aident à lutter contre la maladie. L'idéal est de les utiliser en synergie en les mélangeant. Vous pouvez réaliser la préparation suivante :

  • 3 ml d'HE d'hélichryse italienne,
  • 2 ml d'HE d'estragon,
  • 1 ml d'HE de litsée citronnée (ou verveine exotique),
  • 1 ml d'HE de marjolaine des jardins,
  • complétez avec 5 m d'huile végétale de calophylle inophylle.

Utilisez 5 gouttes de ce mélange pour masser trois fois par jour la zone à traiter.

Traitement chirurgical

Une fois la maladie installée et que le fléchissement des doigts est permanent, la seule solution qui reste est d'ordre chirurgical :

  • le médecin peut sectionner les brides à l’aide d’une aiguille, tandis que le patient se trouve sous anesthésie locale ;
  • il peut aussi pratiquer une intervention chirurgicale qui consiste à retirer une aponévrose (on parle alors d’aponévrectomie) ;
  • une troisième technique, moins traumatisante, consiste à décoller l'aponévrose du tendon.

Le patient opéré a la main immobilisée à l’aide d’une attelle pendant environ 15 jours. S’ensuivent des séances de rééducation de la main pour que les doigts ne se contractent pas de nouveau.

Pour aller plus loin :

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