Traitement de la maladie de Lyme

Sommaire

La maladie de Lyme ou "borréliose de Lyme" fut caractérisée pour la première fois en 1975 dans une ville du Connecticut (États-Unis). Sans que l'on comprenne actuellement pourquoi, elle est en plein développement en Europe, dans l'est et l'ouest des États-Unis, en Alaska et au Canada.

De toutes les maladies vectorielles transmises à l'homme dans l'hémisphère nord, elle est devenue la plus fréquente. Zoom sur les traitements possibles.

Maladie de Lyme : comment l'attrape-t-on ?

Cette maladie bactérienne se transmet par la piqûre d'une tique. Environ 5 à 20 % des tiques sont porteuses de la maladie.

La première précaution à prendre pour ne pas contracter la maladie est donc de bien se couvrir lors des promenades ou activités dans une zone à risque. Concrètement, les vêtements longs sont de rigueur et notamment les pantalons qu'il faudra rentrer dans les chaussettes pour plus de sécurité. Pour ce qui est des enfants, la casquette est recommandée dans la mesure où leur tête arrive à la hauteur des broussailles.

On peut aussi utiliser des produits répulsifs sur la peau ou les vêtements, bien que ce soit moins efficace (le plus connu est le DEET - N-diéthyl-m-toluamide). Il faut alors éviter de couvrir une trop grande surface de peau pour éviter une toxicité du produit.

Au retour, il faut inspecter précautionneusement toute la surface du corps. Prêtez une attention particulière aux plis des membres, au nombril, aux oreilles, au cuir chevelu et aux organes génitaux. Le cas échéant, enlever la tique avec une pince appropriée, sans l'arracher, puis désinfecter et surveiller cette zone dans les jours suivants (une tique retirée moins de six heures après avoir été piqué a très peu de chances de vous avoir contaminé). Par ailleurs, en cas de nuit passée dans la nature ou dans un camping à la campagne, il est préférable de s'assurer le matin, avant de commencer la journée, que vous n’avez pas été piqué au cours de la nuit.

Traitements les plus courants de la maladie de Lyme

Thérapie à base d'antibiotiques

Le traitement repose sur l'administration d'antibiotiques. Selon la Conférence du Consensus tenue en 2006, "l'objectif du traitement antibiotique d'une borréliose de Lyme est l'éradication complète des borrelia afin d'éviter la progression vers des formes secondaires et tertiaires".

Plus ce traitement est entrepris tôt et meilleures sont les chances de guérison. Il doit être adapté en fonction du stade de la maladie et de ses manifestations, que ce soit en termes de type d'antibiotique, de doses, ou de durée du traitement.

Les molécules utilisées appartiennent à 4 classes différentes d'antibiotiques :

  • les bêtalactamines ;
  • les cyclines ;
  • les macrolides ;
  • les nitroimizadoles.

Traitement de la phase primaire

La phase primaire se manifeste par un érythème migrant.

Son traitement privilégie la prise orale de bêtalactamines et de cyclines (amoxicilline ou doxucycline) pendant 14 à 21 jours.

Les macrolides seront utilisées en cas de contre-indications ou d'allergie.

L’efficacité est supérieure à 95 %.

En cas de persistance des symptômes, il faut rechercher des co-infections et traiter en conséquence. S'il n'existe pas de co-infection, il faut changer de molécules d'antibiotique et reprendre le traitement à son début.

On peut avoir recours à la céfuroxime-axétil, des céphalosporines de seconde génération (de nouveau pendant deux ou trois semaines).

En troisième intention, on peut se tourner vers l’azithromycine (macrolides) à prendre pendant 10 jours.

Traitement des phases secondaire et tertiaire

Il repose sur les molécules d'antibiotiques déjà évoquées et dépend de la manifestation des symptômes (manifestations neurologiques, rhumatismales, dermatologiques voire cardiaques ou oculaires).

Leur administration est préférentiellement intraveineuse, et la durée de traitement s'échelonne entre 21 et 28 jours. Pour adapter au mieux le traitement et le suivi, il est conseillé au médecin traitant d’adresser le patient au spécialiste choisi en fonction des symptômes : neurologue, rhumatologue, dermatologue, cardiologue ou ophtalmologiste.

On effectue un suivi clinique précis et prolongé afin de s'assurer de la guérison, qui est d'autant plus lente que le traitement a été mis en place tardivement.

Dans certaines formes tardives, la prolongation ou la reprise d'un traitement antibiotique voire l'alternance de différents antibiotiques est indiquée.

Traitement de la maladie de Lyme aux États-Unis

On y utilise plus volontiers des associations d'antibiotiques afin de contrer la borrelia :

  • quel que soit l'endroit du corps où elle est présente (fluides, tissus, cellules) ;
  • quelle que soit sa forme (il existe 3 formes morphologiques de borrelia : le spirochète, la forme L, et la forme kystique).

Les antibiotiques n'ayant pas une efficacité équivalente dans tous ces cas, une combinaison d'antibiotiques permet une couverture exhaustive.

On utilise également parfois des molécules capables de se lier aux neurotoxines produites par borrelia afin de les excréter (Cholestyramine, Welchol).

Parfois la maladie devient chronique, affectant principalement le système nerveux central. Dans ce cas, un traitement antibiotique au long cours est indiqué, pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Ce peut être également un "cocktail" de différents antibiotiques, afin de contrer les borrelia sur tous les terrains.

Depuis quelques années, la prescription d'antibiotiques se fait sous forme de "thérapie pulsée" : on administre les antibiotiques pendant 2 à 4 jours de suite par semaine. Ce traitement est poursuivi entre 10 et 20 semaines.

Traitements complémentaires de la maladie de Lyme

En cas de co-infection

Au vu de certains symptômes, provoquant arthrite, douleurs, …, la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est indiquée.

Ces différentes maladies peuvent entraîner une baisse du système immunitaire. Les stéroïdes et autres médicaments immunosuppresseurs sont donc contre-indiqués dans la maladie de Lyme.

Médecines alternatives

Les médecines dites "alternatives" sont assez peu connues et reconnues, cependant certains médecins se penchent avec intérêt sur la phytothérapie.

Par ailleurs, de nombreux compléments alimentaires peuvent être utilisés pendant les traitements antibiotiques afin de maximiser ceux-ci et d'éviter certains désagréments. Citons entre autres :

  • les probiotiques ;
  • l'argent colloïdal ;
  • les vitamines C et B ;
  • le magnésium ;
  • les supports immunitaires.

Le sommeil et le repos sont très importants, alors que la caféine est à proscrire.

Aromathérapie

Il est possible de lutter contre la maladie de Lyme, en complément de la médecine conventionnelle, en associant plusieurs huiles essentielles (HE) entre elles pour optimiser leur efficacité.

On pourra ainsi combiner des HE aux propriétés immunitaires et anti-infectieuses à prendre par voie orale, notamment celles :

  • de thym à feuilles de sarriette (30 gouttes) ;
  • de clou de girofle (60 gouttes) ;
  • d'écorce de cannelle de Ceylan (60 gouttes) ;
  • de ravintsara (30 gouttes).

Pour compléter le traitement de l'infection on peut également y ajouter de l'HE de tea tree et de menthe poivrée (30 gouttes de chaque).

Une autre préparation peut être réalisée avec les HE d'ajowan (Trachyspermum ammi), de cannelle, de clou de girofle, de laurier noble, de niaouli, d'origan vulgaire, de pamplemousse zeste et de ravintsara. Elle est à prendre à raison de 20 gouttes à diluer avant chaque repas dans une cuillerée de miel.

En prévention, versez les gouttes dans un flacon compte-gouttes en verre teinté de 10 ml et agitez avant d'utiliser à raison de 4 gouttes dans une cuillerée d'huile végétale (2 gouttes pour les enfants) deux fois par jour à la fin des repas. Pour une action curative, prendre 6 gouttes du mélange (trois pour les enfants) quatre fois par jour à la fin des repas pendant 10 jours (voire un peu plus longtemps sur les conseils d'un aromathérapeute).

Ce traitement très efficace entraîne la dissolution de la bactérie et il est donc nécessaire de favoriser le drainage, la diurèse et la détoxification hépatique et rénale. On peut pour cela se servir de l'HE de livèche (30 gouttes) ou de celle d'origan kaliteri (30 gouttes), cette dernière étant vivement recommandée en cas de traitement de la maladie de Lyme chronique.

Consulter la fiche pratique Ooreka

En guise de conclusion...

Le traitement de la maladie de Lyme repose actuellement sur l'administration d'antibiotiques. Les doses, les types et les durées du traitement dépendent des symptômes, mais aussi des instances de santé, puisqu'on remarque d'importantes différences de prise en charge entre les pays.

On peut télécharger et s'inscrire sur l'application « Signalement tique » permettant à chacun de signaler et de géolocaliser une piqûre de tique et de recevoir des conseils de prévention.

Cependant, des points qui devraient également être améliorés sont le diagnostic et la prise en compte que la maladie de Lyme est aujourd'hui largement sous-estimée. De nouvelles études pourraient encourager le développement de nouveaux traitements.

Pour en savoir plus :

  • L'arthrite septique est due à une articulation infectée. C'est un des symptômes de la maladie de Lyme. Symptômes et traitements : on vous dit tout !
  • Faisons le point sur l'arthrite juvénile, qui est un rhumatisme inflammatoire chronique parfois en lien avec la maladie de Lyme.
  • L'homéopathie peut apporter son aide pour le traitement de l'arthrite, en complément d'un traitement médicamenteux. Faisons le point sur homéopathie et arthrite.

Ces pros peuvent vous aider